Bluma Zeigarnik (1900-1988) est une psychologue américaine d’origine russe et pionnière de la perspective gestaltiste qui a découvert un effet mnésique qui porte son nom « l'effet Zeigarnik ».

L’effet Zeigarnik désigne la tendance à mieux se rappeler une tâche qu'on a réalisée si celle-ci a été interrompue.

 

Cependant, le fait de s'engager dans la réalisation d'une tâche crée une motivation d'achèvement qui resterait insatisfaite si la tâche est interrompue

Ce qui, dans le cas de l'addiction digitale s'applique lorsque l'on veut finir ce que l'on a commencé

(recherches, visionnage, ou dans le cas du Dark Pattern, lorsque l'on est poussé par les concepteurs à ouvrir de nombreux pop-up par exemple).  Le résultat est le même dans tous les cas : passer plus de temps que prévu sur un site, pour finir ce qu'on a entrepris.

Pour la petite histoire, la psychologue, assise à une terrasse de café, remarqua que les serveurs retenaient mieux l'information de commandes passée par des consommateurs, tant que celles-ci n'avaient pas été servies, (mais les oubliaient aussitôt la commande déposée sur la table).

Elle poussa sa théorie et demanda à des enfants d'accomplir, en une journée, une série de vingt petits travaux (enfiler des perles, faire des puzzles, modeler des animaux, ...).

Quelques temps plus tard, les mêmes enfants devaient citer toutes les tâches à accomplir.

Résultat : Seul les tâches qui n'avaient pas été terminées étaient citées deux fois plus que les autres.

Cause : Lorsqu'une tâche est accomplie, la tension qu'elle provoque au départ se relâche une fois terminée et évacuée.

Pourquoi : Le cerveau garde en mémoire plus intensément une information incomplète que complète. Bluma Zeigarnik a observé que cet état d’attente se manifeste par un état intérieur de tension, d’inconfort et de malaise qui s’évanouit peu à peu à partir du moment où la tâche est complétée.

Addiction digitale et technologique

L’effet Zeigarnik ou le lancinement des tâches inachevées